L’élargissement de la carte sanitaire, le relèvement sans précédent des plateaux techniques, l’amélioration continue de l’offre et de la qualité des soins, l’implémentation progressive de la Couverture Santé Universelle (CSU), ainsi que l’adoption de lois structurantes constituent les principales réalisations enregistrées ces dernières années dans le secteur de la santé au Cameroun.
Ces avancées sont le fruit d’efforts soutenus et coordonnés du Gouvernement de la République, guidées par les Très Hautes Orientations du Chef de l’État et inscrites dans le cadre de l’Agenda de Transformation du Système de Santé : Le Temps d’Agir, avec pour objectif ultime l’amélioration durable du bien-être des populations.
Un élargissement conséquent de la carte sanitaire
Au cours des cinq dernières années, la carte sanitaire nationale a connu une densification remarquable sur l’ensemble du territoire. Le Cameroun a enregistré la création d’un hôpital de première catégorie à Garoua, la construction de nombreux Centres de Santé Intégrés (CSI) et Centres Médicaux d’Arrondissement (CMA), ainsi que la transformation progressive de plusieurs CSI en CMA et de CMA en Hôpitaux de District.
La mise en service concomitante des Centres Hospitaliers Régionaux (CHR) est venue consolider cette architecture sanitaire désormais structurée en sept catégories, en fonction du niveau de référence. À ce jour, le pays compte environ 2 600 formations sanitaires publiques de 5ᵉ et 6ᵉ catégories offrant des soins de santé primaires, 173 hôpitaux de district, 25 hôpitaux régionaux, 13 hôpitaux de 2ᵉ catégorie et 8 hôpitaux de première catégorie, véritables pôles d’excellence médicale. Ce dispositif est complété par un réseau dynamique de formations sanitaires parapubliques et privées.
Un relèvement historique des plateaux techniques
La modernisation des infrastructures sanitaires et le renforcement des équipements biomédicaux ont constitué l’un des piliers majeurs de la transformation du système de santé.
Outre la construction des CHR, véritables hôpitaux modernes, le Gouvernement, à travers le Plan d’Urgence Triennal volet santé, a procédé à la rénovation et au relèvement des plateaux techniques des hôpitaux généraux de Yaoundé et de Douala, ainsi que du Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé. Les formations sanitaires de 2ᵉ catégorie, notamment l’Hôpital Central de Yaoundé, l’Hôpital Jamot, le Centre des Urgences de Yaoundé (CURY), l’Hôpital Laquintinie de Douala et l’Hôpital de Référence de Sangmélima, ont bénéficié d’investissements majeurs en équipements d’imagerie médicale, de réanimation et de prise en charge des urgences, notamment dans le contexte des préparatifs de la CAN et de la riposte contre la Covid-19.
L’Hôpital Laquintinie de Douala a, quant à lui, été presque entièrement rénové et doté de deux scanners, dont un de 128 barrettes, ainsi que d’une IRM de 1,5 Tesla.
Dans la dynamique de 2025, une innovation stratégique a été introduite avec l’installation de centrales de production autonome d’oxygène médical dans tous les hôpitaux généraux, les CHU, les CHR, les hôpitaux régionaux et leurs annexes. Cette mesure renforce considérablement la souveraineté sanitaire nationale et la prise en charge des urgences vitales.
Par ailleurs, l’imagerie médicale a connu une avancée décisive avec l’installation en cours de trois IRM haut champ à l’Hôpital Général de Douala, à l’Hôpital Général de Garoua et à l’Hôpital Central de Yaoundé, ainsi que la généralisation des scanners dans l’ensemble des hôpitaux régionaux et régionaux annexes, y compris à Meyomessala et à Meiganga.
Ces investissements permettent aujourd’hui la réalisation de prouesses médicales autrefois inimaginables sur le sol camerounais : chirurgie cardiaque, transplantation rénale, procréation médicalement assistée, chirurgie réfractive, pose d’implants, entre autres. Les CHR, quant à eux, disposent d’équipements modernes favorisant une prise en charge optimale, notamment dans les domaines de la santé maternelle et néonatale.
Au total, les formations sanitaires comptent près de 2 000 couveuses, des concentrateurs d’oxygène, des respirateurs et des ambulances. En appui à cette dynamique, près de 6 milliards de FCFA sont transférés chaque année aux Collectivités Territoriales Décentralisées pour soutenir le renforcement des plateaux techniques.
La consolidation du Grand Projet Dialyse du Chef de l’État
Sous l’impulsion du Chef de l’État, le Grand Projet Dialyse a connu une consolidation significative. Le Cameroun est passé de 11 à 16 centres de dialyse, désormais répartis dans les dix régions. Cette extension a permis de réduire considérablement les déplacements des patients, d’éliminer presque totalement les ruptures de kits de dialyse et de ramener la contribution annuelle des patients à 15 000 FCFA, contre plus de 520 000 FCFA auparavant.
À ce jour, 1 420 patients poursuivent régulièrement leurs séances de dialyse, avec plus de 201 055 séances déjà réalisées, traduisant une avancée sociale et sanitaire majeure.
Une Couverture Santé Universelle en montée en puissance
Lancée le 12 avril à Mandjou, la phase I de la Couverture Santé Universelle vise à renforcer l’accès équitable aux soins de santé de qualité. Elle cible prioritairement les enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes et les personnes souffrant de pathologies spécifiques.
Les performances enregistrées après 32 mois de mise en œuvre sont remarquables : le taux d’enrôlement a atteint 102 % au 13 décembre 2025, dépassant les objectifs initiaux. La CSU couvre aujourd’hui 82 % des enfants de 0 à 5 ans, 93 % des personnes vivant avec le VIH, 100 % des personnes atteintes de tuberculose et 100 % des patients dialysés.
Des millions d’actes préventifs et curatifs ont été réalisés gratuitement, notamment en vaccination, nutrition, consultations pédiatriques, prise en charge du paludisme, soins prénatals et accouchements, avec une contribution unique de 6 000 FCFA pour les femmes enceintes dans le cadre du Chèque Santé.
Un cadre juridique et institutionnel renforcé
L’arsenal juridique du secteur de la santé s’est enrichi avec l’adoption de lois majeures, encadrant notamment les essais cliniques, la procréation médicalement assistée, l’intégration de la médecine traditionnelle et le don et la greffe d’organes.
Ces réformes s’accompagnent d’orientations stratégiques fortes, notamment en matière de santé numérique, de disponibilité des médicaments, de relance de la CENAME, de modernisation du Laboratoire National de Santé Publique, et de renforcement de la chaîne d’approvisionnement.
Ressources humaines, lutte contre les maladies et projets structurants
Face à un déficit estimé à 76 000 personnels de santé, des solutions sont en cours, avec le recrutement spécial de 9 944 personnels entre 2025 et 2029 et la contractualisation de 3 000 agents supplémentaires. Les curricula de formation ont été révisés, notamment pour les sages-femmes.
La lutte contre les maladies non transmissibles, la santé mentale et les addictions a été renforcée, avec la création de centres spécialisés dans les dix régions.
Malgré les défis liés au financement, des projets d’envergure sont en préparation, dont la construction d’un Institut National de Cancérologie, l’hôpital régional annexe de Mbalmayo, un hôpital spécialisé pour les grands brûlés et un pôle psychiatrique à Mfou.
Perspectives 2026
L’année 2026 sera consacrée à la consolidation des acquis, à la finalisation des CHR de Bamenda et Buea, à la maintenance des infrastructures et équipements, à l’extension de la CSU et au renforcement des districts de santé, afin de rapprocher davantage les soins des populations.